La TVA pour les thérapeutes en Suisse : seuil, soins et vente de produits

La TVA fait partie des sujets qu'on repousse « à plus tard », jusqu'au jour où le chiffre d'affaires grimpe ou qu'une fiduciaire pose la question. Voici les grands principes, expliqués pour un cabinet de thérapie, et les points à clarifier avec un professionnel.

Par l'équipe Lymon · 2 juillet 2026 · 6 min de lecture

La règle de base : le seuil de 100 000 francs

En Suisse, une entreprise (y compris un indépendant) devient obligatoirement assujettie à la TVA lorsque son chiffre d'affaires annuel provenant de prestations imposables atteint 100 000 francs. En dessous, pas d'assujettissement obligatoire ; au-dessus, il faut s'annoncer à l'Administration fédérale des contributions (AFC).

La particularité des soins : hors du champ de la TVA

La loi sur la TVA (art. 21 LTVA) exclut du champ de l'impôt un certain nombre de prestations, dont les traitements médicaux et les prestations de soins. Point important : ces prestations exclues ne comptent pas dans le calcul du seuil des 100 000 francs.

Pour les médecines complémentaires, l'application de cette exclusion dépend de conditions précises, qui tiennent notamment à la nature de la prestation et à la reconnaissance de la profession selon les règles applicables. C'est le point le plus fin du sujet : deux cabinets d'apparence similaire peuvent être traités différemment selon leur situation. Ne le devinez pas : faites qualifier votre cas par votre fiduciaire ou directement auprès de l'AFC.

Le piège classique : la vente de produits

Les tisanes, huiles, compléments et autres produits que vous vendez au cabinet ne sont pas des prestations de soins : ces ventes relèvent du champ normal de la TVA. Si votre activité de vente prend de l'ampleur, c'est elle qui peut vous rapprocher du seuil d'assujettissement, indépendamment de vos séances.

  • Suivez séparément votre chiffre d'affaires « séances » et votre chiffre d'affaires « produits » : une comptabilité par comptes distincts le fait automatiquement.
  • Anticipez : si les ventes de produits décollent, parlez-en à votre fiduciaire avant d'atteindre le seuil, pas après.

L'assujettissement volontaire, une option à connaître

Une entreprise sous le seuil peut demander un assujettissement volontaire. L'intérêt : récupérer l'impôt préalable payé sur ses achats et investissements. Pour un cabinet de thérapie classique, dont la clientèle est privée et ne récupère pas la TVA, c'est rarement avantageux, mais le calcul mérite d'être fait dans certaines situations (gros investissements de départ, forte activité de vente).

Sources

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